Élever un enfant différent

Ma fille, ma vie, ma réalité

Ma fille est née à 37 semaines de grossesse (selon les médecins, mais 40 selon mes propres calculs) avec un Apgar de 9-10-10 (ce qui est excellent) après une grossesse parfaite.

J’ai aimé être enceinte, mon corps s’est rapidement habitué à son nouveau statut et pour ce qui est des maux, je n’en ai presque pas eus. À part un léger mal de coeur en voiture au début de ma grossesse tout le reste s’est passé sans anicroche.

À ce moment-là, j’étais loin de me douter que notre belle histoire allait brusquement se compliquer; que mon rêve de « famille parfaite » allait devoir prendre un nouveau tournant. On allait devoir revoir notre plan.

Rapidement, on s’est rendu compte que notre fille avait des besoins différents des « autres bébés ». Elle aimait être stimulée, elle demandait à être stimulée, on devait la stimuler. Malgré tout cela, elle n’était aucunement un « bébé difficile », mais elle devait toujours être avec nous, près de nous et en interaction avec quelqu’un. J’avais un bébé dépendant, mais tellement attachant.

  • À 6 mois, elle se levait debout avec appui.
  • À 9 mois, elle marchait et commençait à parler.
  • À 1 an, elle courait et parlait aisément.

Vous avez sans doute remarqué que je n’ai pas abordé la phase où les bébés rampent?! Ce n’est pas un oubli de ma part, car ma fille n’a jamais rampé. Ce cheminement habituellement emprunté par les « autres bébés » n’a jamais été une option envisagée par le mien.

  • À 1 an 1/2, elle dormait déjà dans un lit d’appoint, et ce, à sa propre demande.
  • À 2 ans 1/2, on lui achetait un lit double. Lit acheté afin d’offrir un certain confort à papa ou maman qui, chaque soir, allait border sa petite princesse pendant de très longues minutes. Ma fille a longtemps eu besoin (et a encore besoin de nous à l’occasion) de notre présence à ses côtés pour faciliter son sommeil. Ayant une enfant émotive (très près de ses émotions), qui a rapidement appris à avoir des craintes sur tout et sur rien, des questionnements sur la vie et la mort, des … j’ai rapidement compris que ma fille avait à gérer, au quotidien, une surdose d’informations pris dans sa petite tête.

Vers l’âge d’un an, nos soupçons se sont rapidement intensifiés, car ma fille était incapable de rester assise lors des repas en famille. C’était devenu un moment angoissant pour mon mari et moi, car nous savions, avant même le début d’un repas, que nous allions devoir parler d’étiquette et de bonnes manières à la table. Il nous faudrait alors demander, répéter, reformuler, exiger et inévitablement, punir.

Nous ne pensions pourtant pas demander la lune à notre enfant et pourtant … Nous ne voulions que la voir rester assise calmement à la table pendant la période des repas et pouvoir échanger aisément avec elle surtout lorsqu’on avait de la visite, car voir « les autres » juger le comportement de son enfant alors qu’on essaie de le changer depuis si longtemps est insoutenable.

C’est déjà difficile de savoir qu’il y a quelque chose d’anormal avec le comportement de son enfant, mais c’est encore plus difficile quand « les autres » nous en parlent ouvertement.

Se douter, comprendre, savoir et en parler est une chose, mais le vivre c’est compliqué, car on a tous eu ce souhait de normalité, de santé et de bonheur lorsqu’il est question de nos précieux enfants.

TDAH

Essais et erreurs:

  • On a essayé de demander, mais on a échoué.
  • On a essayé de demander doucement ou même poliment, mais on a échoué.
  • On a reformulé et reformulé et encore reformulé, mais on a échoué.
  • On a haussé le ton et on a échoué.
  • On a exigé et on a échoué.
  • On a essayé l’apprentissage par le jeu et ça a fonctionné, mais comme c’est du court terme et que c’est demandant, on a laissé tomber.
  • On a retiré notre fille de la table pour la punir et on a échoué.
  • On a changé sa chaise pour une chaise à roulettes et on a vu une amélioration, car elle pouvait maintenant bouger tout en restant assise. Le seul point négatif, c’est que ça peut devenir dérangeant lorsque l’enfant a beaucoup (trop) d’énergie.

Résultat: on exige toujours de notre fille qu’elle reste assise avant chaque début de repas, mais on accepte maintenant qu’elle mange en roulant, en gigotant ou même en étant tout simplement debout et dès qu’elle termine son assiette, elle a la permission de se lever et de vaquer à ses occupations. Bref, on a choisi le compromis aux maux de tête. Nos repas sont maintenant plus harmonieux, plus facilitants et appréciés des membres de notre famille.

  • Entre 2 et 5 ans, la vie a fait son chemin. On a appris à mieux se connaitre et à vivre avec nos forces et nos faiblesses familiales.

Comme le côté social de ma fille est en fait, une de ses belles grandes forces, l’intégration lors du changement de groupe à la garderie (ou dans les autres sphères de sa vie) n’a jamais été problématique.

  • À 5 ans, (elle est née au début septembre, donc dans les plus jeunes) elle est entrée en maternelle à l’école Alternative.

Le choix de l’école avait été fait en tenant compte des besoins de bouger de notre fille ainsi que des belles valeurs véhiculées par l’école. Malheureusement, elle a eu beaucoup de problèmes d’apprentissage dans ce style de cadre académique qui répondait pourtant très bien à son besoin de bouger et de s’épanouir, mais le retard accumulé était pourtant bien présent.

  • À 6 ans, elle commençait sa 1re année avec un léger retard; elle ne savait pas lire et elle mélangeait encore ses lettres et ses chiffres. En novembre, elle était paniquée, se dévalorisait et avait perdu confiance en ses capacités et même en ses forces naturelles. C’est à ce moment que j’ai (moi aussi paniquée) décidé d’agir et que j’ai changé ma fille d’école. En janvier, elle avait perdu tous ses repères et elle recommençait à 0 dans une nouvelle école, avec de nouveaux futurs amis, de nouvelles personnes et dans un nouvel environnement.

Je ne vous recommande pas nécessairement le changement en mi-année, car il est brusque et expéditif, mais si votre enfant a un côté social fort développé comme la mienne, ce sera plus facile et avec le long congé des fêtes, ça aide un peu.

Elle m’a longtemps parlé de son ancienne école (et m’en parle encore), a difficilement accepté sa nouvelle école (maintenant, ça va), a énormément pleuré et nous a longtemps implorés de changer d’idée, mais nous avons tenu le coup et aujourd’hui, c’est le jour et la nuit. Elle a tellement cheminé; on est fiers de notre princesse. Elle n’a peut-être pas réussi à rattraper tout son retard, mais elle a retrouvé l’espoir et c’est grâce à cet espoir qu’elle a travaillé durement, assidûment et avec tout son coeur jusqu’en juin et qu’elle accepte encore de travailler avec nous à la maison durant l’été. Elle m’a même surprise à quelques reprises en voulant faire plus de pages, que ce que je lui demandais, dans son cahier d’exercices. Ce qui représente beaucoup pour moi.

Quelques semaines avant la fin de l’année scolaire, on a décidé de consulter au privé pour vérifier certaines de nos hypothèses et après 2 années d’école infernales* on a reçu un diagnostic de TDAH léger mixte avec déficit d’attention ce qui a mis un certain baume sur nos blessures, car nous savions maintenant ce que notre enfant avait et nous ferons tout ce qui sera en notre pouvoir pour l’aider à cheminer en harmonie avec sa nouvelle réalité.

Nous aimons notre fille et nous serons toujours là pour elle, mais c’est très difficile pour des parents de vivre de si fortes émotions en si peu de temps. Ma fille peut se lever heureuse, se fâcher pour un rien, nous faire la baboune, revenir nous faire un câlin et tout cela, en 2 minutes. C’est déstabilisant et essoufflant pour un coeur de parent qui n’a pas encore toutes les réponses à ses questions et dont les ressources sont restreintes (pour l’instant).

Avec ce super diagnostic vient indubitablement la période de questionnement. Nous devons choisir de médicamenter ou non notre enfant. Tout ce que je sais pour l’instant, c’est que ma fille a un retard important, qu’elle recommencera sa 1re année en septembre prochain, qu’elle a récupéré un peu d’estime de soi, mais que ce n’est pas suffisant, qu’elle est intelligente, mais qu’elle a beaucoup de difficultés à se concentrer, qu’elle adore bouger, qu’elle pratique déjà beaucoup (trop) de sports et qu’une petite réussite académique lui ferait certainement un bien fou après avoir travaillé avec autant d’ardeur en si peu de temps.

Et en passant, on a essayé tous les produits naturels disponibles sur le marché. En passant par les Omégas 3, les vitamines, la mélatonine, etc., et ça n’a pas été concluant.

On a aussi essayé d’apprendre à notre enfant à relaxer avec des techniques de yoga pour enfant, mais ce n’était pas libérateur, elle voulait sans cesse savoir pourquoi la Mme disait que … et pourquoi la Mme voulait que … Vous voyez le genre?!

On a même essayé la surdose d’activité physique, mais l’effet a été contraire, ça lui a donné un regain d’énergie incalculable.

Je pourrais sans doute vous parler encore et encore de ma fille, de sa réalité, de son TDAH, mais je vais arrêter cette tranche de vie ici et plutôt vous donner quelques références qui m’ont beaucoup aidée dans mon cheminement personnel après la réception du diagnostic.

  • J’ai lu et aimé: Mon cerveau a besoin de lunettes par Annick Vincent md
  • J’ai adoré naviguer et m’instruire sur le site internet de Mme Annick Vincent md
  • J’ai trouvé du réconfort et des produits adaptés aux besoins de mon enfant chez FDMT; j’ai eu un coup de coeur instantané pour les Manimo qui « aident les enfants à rester attentifs en classe et à se concentrer pour surmonter la période des devoirs. Ils apaisent leur excès d’énergie ou les amènent tranquillement vers le calme nécessaire au moment du dodo. » C’est un incontournable selon moi. Allez jeter un coup d’oeil sur leur site, vous ne serez certainement pas déçus. Le Manimo édition spéciale est mon préféré. J’aime aussi beaucoup les coquilles insonorisante Em’s pour enfant et le Coussin Movin’sit. J’offrirai ce trio (dont je n’ai entendu que de bons commentaires) à ma fille pour la rentrée scolaire.
  • L’indispensable pour bien comprendre ce qu’est le TDAH: l’Affiche – Le TDAH en un coup d’oeil.

* Beaucoup de problèmes/retards en français et en mathématique, donc beaucoup de travail, de cours privés, de suivis, d’absences à l’école et au travail, etc.

Pour lire d’autres articles sur le sujet, cliquez ici.

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Bonjour ! Je me nomme Mélanie Little, je suis : La femme de… J’ai la chance de partager ma vie avec mon ami/mon complice/mon conseiller/mon amoureux/le père de ma fille, depuis avril 1999. La mère de… J’ai le bonheur, et quel bonheur, d’avoir donné naissance à Daphnée, une charmante petite princesse, qui partage mon quotidien depuis septembre 2008. La fondatrice et la rédactrice en chef de Mamans avec opinions. Celle à l’origine de ce beau projet. J’aime la bonne nourriture, le plein air, la nature, les animaux, la lecture, l’écriture, les jeux de société, les soirées entre amis, le cinéma d’ici et le chocolat. Suivez-moi dans mon quotidien ainsi que dans celui de mes collaboratrices. Lisez nos articles et partagez nos publications. Bref, faites partie de la famille #MAO !

13 Commentaires

  1. Avez vous pensé aller consulter en ergothérapie? Le trouble de modulation sensoriel est souvent confondu/ associé avec le TDAH…surtout si vous dites que l’excès d’exercices le donne un regain d’énergie …ma fille ressemble beaucoup à votre fille et j’ai trouvé plusieurs exerciçes en ergo qui l’ont aidée.

      • Idem chez nous, l’ergotherapie a fait une énorme différence. Même profile, cette histoire pourrait être la nôtre! Mon fils de 6 ans a un diagnostic de trouble de modulation sensorielle et un TDAH. Il a été suivi au CPE par une ergo entre 3 et 5 ans et il a surmonté énormement de difficultés grâce à ces techniques. C’est grâce à l’ergotherapeute que nous avons réalisé qu’il manquait en fait de sommeil (meme s’il était toujours trop énergique). Depuis qu’on le couche a 19:30 il s’endort plus vite, se réveille par lui-meme le matin, est bcp plus calme et moins agressif, plus en contrôle. Et l’autre facteur déterminant est le temps d’écran. Faut réduire a 30 min par jour maximum car sinon les symptômes s’emplifient. Voilà ce qui a aidé chez nous si ça peut aider…

      • Un peu clairement être associé à l’autre… Le trouble de modulation est souvent moins connu des medecins. Souvent, c’est une hypothèse à envisager quand la médication fait plus ou moins effet. C’est l’ergo qui suit ma fille qui m’a renseignée sur le sujet. Je vous le dis, ça vaut la peine que vous alliez consulter, ça peut faire une grosse différence sur plusieurs aspects affectés par le TDAH.

      • Un enfant TDAH parle fort, marche vite, saute, bouge, fait tout, mais toujours d’une façon plus intense que les autres enfants. Ils peuvent être en recherche de sensations par ces comportements. Ils ont besoin de sentir leur corps dans l’espace, de se sentir , d’où l’exagération dans leurs comportements. C’est là que l’ergotherapie peut les aider en leur donnant des moyens de répondre à leurs besoins. Oui oui, ce sont des besoins qu’ils ont, ce ne sont pas des caprices ou des mauvais comportements. Si on est essaie de camoufler ces besoins, c’est là qu’apparaissent les crises

  2. Ah la la ! On dirait que tu parles de ma fille !!
    J’ai hâte de lire tes aventures puisque ma grande fera son entrée au préscolaire dans un mois.

  3. Est-ce que la douance intellectuelle a été envisagée ? Elle a beaucoup de caractéristiques (surexcitabilité physique, émotionnelle et sensorielle). Cela pourrait résulter en une meilleure compréhension de son fonctionnement pour les parents et l’enfant. Bel article !

      • Contrairement aux idées reçues, beaucoup d’enfants avec une douance intellectuelle sont en échec scolaire dû à leur fonctionnement différent ! 🙂 Certains spécialistes parlent même d’un tiers en échec. C’est peu connu au Québec malheureusement.

  4. Pourquoi avez-vous peur de lui donner des medicaments, j’ai un garcon de 11 and ted et tdah et je lui donne la plus petite dose d’adderall possible. Mon garcon nous a dit quand il a commencé a prendre ses medicaments a l’age de 8 ans: que ce n’est plus mêlé dans son cerveau. Quand il ne prend pas ses pillules il ne se comprend pas. J’etais comme vous avant j’ai tout essayé et je ne voulais surtout pas le medicamenter mais depuis qu’il prend ses pillules c’est beaucoup plus facile pour tout le monde et surtout pour lui car il n’est plus mêlé dans sa tête et il est beaucoup heureux. Je lui donne la dose la plus faible possible pour qu’il soit capable de fonctionner et non de le rendre un zoobie.

    • En fait, ce n’est pas une peur, mais plus un questionnement. J’ai beaucoup de gens dans mon entourage qui me déconseille de médicamenter ma fille et pourtant, j’ai des doutes, car je ne le ferais pas pour moi, mais bien pour ELLE. Pour son estime, ses performances, sa confiance … Merci d’avoir partagé votre réalité avec nous. 🙂

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