Fratrie: relations fraternelles toxiques

Est-on tenus d’apprécier notre fratrie? Voilà une question que je me suis longtemps posée. Du plus loin que je me souvienne, je n’ai jamais eu d’atomes crochus avec mon frère et ma sœur. Bien que l’on soit issus des mêmes parents, nos personnalités sont vraiment différentes, voire divergentes. Non seulement nous ne partageons pas les mêmes centres d’intérêt, mais nous n’avons que très peu de valeurs et principes en commun. Alors que le respect de l’autre, la liberté et l’ouverture sont des éléments clés pour moi, eux sont plutôt centrés sur leur petit nombril et tiennent souvent des propos intolérants. Et ce n’est malheureusement qu’un simple exemple illustrant à quel point nous sommes aux antipodes les uns des autres. On a la chance de ne pas être « en chicane » comme bien d’autres frères et sœurs, mais ça reste que nous n’avons aucun intérêt, d’un côté comme de l’autre, à entretenir un minimum de relation fraternelle.

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Crédit photo : Freepik

On ne choisit pas sa famille…

On ne choisit pas sa famille dit l’adage… Mais est-on réellement tenus d’entretenir une quelconque relation qui sera forcée, non sentie, fake et trop souvent toxique? Au fil des ans, j’en ai conclu que je n’avais plus d’énergie à investir dans une relation qui n’apportait rien à chacun des partis. Out la rivalité! Vous savez, cette rivalité toxique, à sens unique, qu’entretien parfois un membre de votre fratrie envers vous… Celle-là même qui fait qu’il se sent toujours en compétition, qui le pousse à essayer de vous prendre en défaut et qui fait en sorte qu’il juge nécessaire de convaincre vos parents, par tous les moyens possibles, qu’il est donc meilleur que vous. Et vous n’avez pourtant rien à y voir à la base… Comme le mentionnait Jeanne Safer, spécialiste des relations frères-sœurs et auteure du livre Cain’s Legacy : Liberating Siblings From a Lifetime of Rage, Shame, Secrecy and Regret (L’héritage de Caïn : comment libérer les frères et sœurs d’une vie de colère, de honte, de secrets et de regrets), dans une entrevue rapportée par L’actualité : « […] il est impossible d’éviter la rivalité entre frères et sœurs. Mais on peut empêcher que cette rivalité ne dégénère en conflit, en s’assurant de contrebalancer l’envie et tout le reste par des sentiments positifs. » Pour ma part, j’ai choisi la paix d’esprit. Je m’en tiens loin et je ne m’en porte que mieux. Jeanne ajoutait d’ailleurs ceci : « Je crois que la plupart des gens sont soulagés d’apprendre qu’ils ne sont obligés ni par Dieu, ni par les thérapeutes, ni par la société de s’entendre avec leur frère ou leur sœur simplement parce qu’ils partagent un lien biologique. L’amour fraternel, ça se mérite. »

Fratrie = relations obligées ?

Ce que je trouve plus difficile par contre, c’est cette insistance, de la part de nos parents, de faire de nous, leurs enfants, des amis. Étant moi-même mère de deux enfants, je comprends leur volonté d’avoir une belle grande famille unie. Mais pourquoi autant forcer les choses, alors que le temps a démontré que c’était une cause sans espoir? Pour une simple apparence de pseudo famille soudée? Personnellement, je déteste me complaire dans le faux. Et les rares rencontres familiales où ma fratrie est présente ne transpirent que le malaise de chacun. Après avoir fait le tour des questions superficielles du genre : « Les enfants vont bien? Et le boulot? Avez-vous apprécié votre dernier séjour dans le Sud? », nous n’avons plus rien à nous dire et l’on peut rapidement deviner que chacun préférerait se trouver ailleurs. Comme parent, je me promets de ne jamais imposer de telles rencontres forcées entre mes enfants. Bien sûr, je serais vraiment heureuse de savoir qu’ils ont du plaisir à se côtoyer! Quel parent ne le serait pas? Mais si je constate au fil du temps qu’ils n’ont aucun atome crochu, je n’insisterai pas… je ne leur imposerai pas une dynamique malsaine. Comme parent, j’essaie aussi d’être juste et équitable envers chacun de mes enfants. Je ne souhaite justement pas instaurer un quelconque climat de favoritisme.

J’ai longtemps envié mes amis qui avaient des relations harmonieuses avec leurs frères et sœurs; ceux qui considéraient ces derniers comme des amis, les voyaient régulièrement et partageaient de nombreux champs d’intérêt avec eux. J’ai cessé de les envier le jour où j’ai réalisé que finalement, moi aussi j’avais une belle relation avec mes frères et sœurs… ceux que j’ai choisis, ces amis que j’ai connu au fil de mon parcours de vie et qui sont devenus ma famille, celle qui me rejoint, qui nourrit mon esprit… celle avec qui je peux être moi-même à 100 %, celle qui ne me juge pas, mais qui sait me dire les vraies choses… celle à qui je donnerais tout ce que j’ai et à laquelle je suis fière de m’identifier.

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Révision par Mélanie Little

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