Une île déserte nommée « MAMAN »…

Tomber enceinte à 23 ans n’était pas nécessairement dans mes plans, mais j’étais heureuse. Mon chum était aussi heureux et fier de devenir papa. Nos familles ont accepté la nouvelle avec bonheur et nos amis aussi. Puis, les mois ont passé et mon bedon s’est arrondi. Plus il prenait de place, moins nos amis nous donnaient de nouvelles. Mon départ pour mon île déserte avait commencé sans même que je ne m’en rende compte. Toutes mes amies étaient dehors jusqu’aux petites heures du matin, en train de boire et de danser tous les soirs. Les sorties aux chutes, à la plage, aux restaurants défilaient sur mon fil d’actualité Facebook sans que je n’aie eu vent qu’elles avaient lieu. Mon avion a atterri durement au moment ou je me demandais pourquoi… Seule avec mon bedon rond que j’aimais déjà plus que ma vie. Sans comprendre pourquoi ma vie sociale avait décidé de prendre sa retraite sur une île déserte qui ressemblait de plus en plus à Alcatraz qu’à un coin paradisiaque des Antilles. Ma nouvelle étiquette de « MAMAN » m’avait valu un aller simple pour un exil doux-amer qui ne faisait que commencer.  

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Credit photo : Pixabay.com

Puis, mon petit bout de bonheur est arrivé et, pendant un instant, la pensée que tout allait revenir à la normale m’a effleurée. Juste un instant. Parce que le concept de planification, quand tu as 24 ans et aucun compte à rendre à personne, ça ne fonctionne pas tellement bien avec un nouvel horaire de maman. Prévoir les boires, les repas, les couches, décider si bébé vient avec moi ou s’il a besoin d’une gardienne dans le cas contraire, ce n’est pas quelque chose que mon entourage comprenait. Le téléphone est donc, petit à petit, redevenu silencieux. On dit souvent qu’on peut compter nos vrais amis sur les doigts d’une main ; ainsi, comme le dirait ma mère, en vieillissant « le ménage s’est fait tout seul »’. Le problème c’est qu’à ce moment-là, le “ménage”, je n’étais pas prête à le faire. J’étais une fille de groupe, qui aimait bouger et être imprévisible. Cependant, même si effectuer un road-trip à Québec sur un coup de tête n’est pas complètement impossible avec un bébé, pour les autres le “trip” allait être pas mal moins intéressant avec ma progéniture à bord. Nous nous sommes donc retrouvés seuls, mon chum et moi. Seuls envers et contre tous. Un pour tous et tous pour mon mini. Nous avons appris à vivre à trois. La force de notre couple et de notre amour grandissait en même temps que notre petite tornade. Un an plus tard, bedon numéro 2 a fait son apparition, puis bedon numéro 3 a suivi quelques mois seulement après. Leur arrivée a terminé de creuser le fossé qui séparait maintenant mon Nouveau Monde de celui des Autres. La différence était que maintenant mon île déserte n’était plus froide et hostile, elle était remplie d’amour, du vrai amour. Nous avons appris à vivre à cinq et c’est devenu plus facile. J’avais découvert en mon amoureux un ami fidèle et un papa attentionné. Nous sommes devenus une équipe et avons construit ensemble un pont vers le rivage…

Notre famille est maintenant complète et je ne pourrais être plus heureuse et fière de mes petits loups. Je me suis créé une oasis, une forteresse, sur mon île autrefois déserte. Il n’y a toujours pas foule sur mon petit bout de terre inaccessible, mais ceux qui arrivent à nous y rejoindre et que nous laissons entrer sont les bons. Les soirées frivoles où je ne reçois pas d’invitations vues sur mon fil d’actualité me dérangent encore parfois, mais quelques secondes seulement…  Car mes soirées sont maintenant remplies de vrais rires et d’amitiés sincères, et je ne les échangerais contre celles-là pour rien au monde. Maintenant, les invitations sur mon île sont pour VIP seulement, désolée… #SorryNotSorry

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Révision : Mélanie Trudeau

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