Élèves droit devant ! Ma profession, ma passion !

Vers la mi-août de chaque année, je dois réserver une journée pour connaître mon affectation pour l’année scolaire qui débutera au cours des jours suivants. Nous sommes entassés dans la cafétéria d’une école, comme des élèves, et il fait 34 degrés bien ressentis! Le stress est à son comble! C’est le chaos! Rien ne va plus, les dés sont joués! C’est mon tour et j’angoisse. J’avance vers le micro situé à l’avant. Je prends une petite pause, durant laquelle tout tourne dans ma tête… J’hésite entre respecter ma santé physique et mentale et choisir un poste  d’une vingtaine d’heures, ou user un peu plus ma corde en travaillant le plus d’heures possible, au cas où le gouvernement déciderait, une fois de plus, de couper dans l’enveloppe budgétaire de l’année suivante… Vous l’aurez peut-être deviné, je travaille comme technicienne en éducation spécialisée en milieu scolaire.

Élèves
Crédit photo : Pixabay

Je n’ai pas l’intention de vous endormir avec tout ce qui a déjà été mâché dans les journaux sur le manque de services directs aux élèves et le manque de suppléants, même si cela représente toujours un sujet d’actualité. Avec l’abondance de postes affichés cette année, soit le gouvernement a fait des miracles pour trouver des fonds, soit mes collègues ont pris le chemin de la retraite… Malheureusement, j’ai l’impression que la réponse est un mélange des deux.

Alors qu’on nomme les éducateurs, les uns après les autres, je m’aperçois que jamais je n’avais été témoin d’autant de démissions ou de départs à la retraite durant l’été! N’allez pas penser qu’ils en étaient tous rendus là. Certains n’ont pas encore quarante ans…

La première information pertinente que je consulte lorsque je choisis mon poste est le détail relié à l’horaire. Détail inutile puisqu’en huit années, je n’ai jamais pris de pause et j’ai rarement pris ma période de dîner (autrement qu’en m’occupant en même temps de certains élèves retirés de leur classe et/ou, car je suis multi-tâches, en soutenant un élève pour la résolution d’un conflit alors qu’un autre est installé sur un tapis, malade, en attendant que son parent vienne le chercher). Et en parlant avec mes collègues, je ne mérite aucune médaille puisqu’ils en font tous autant! Petit ajout à côté de mon horaire : cette année, on précisait qu’il pouvait changer selon les besoins de la clientèle. Quand même, lorsqu’on parle d’innovation!

Ma réalité est également qu’au retour à la maison, je fais souvent une sieste. Que voulez-vous, je vieillis! Puis, je commence mon quart de travail de maman vers 16h, car mes enfants ont eux aussi vieilli, tiens donc! Et vers 18h, je me connecte au système informatique et réponds aux parents qui ont reçu les informations envoyées sur le déroulement de la journée et qui sont inquiets. Parfois jusqu’à 22 heures, en écoutant une télésérie ou en tombant morte raide! N’allez pas penser que ma direction est beaucoup trop exigeante, jamais aucune n’a même fait une demande en ce sens. Mais, cela devient seulement un dilemme personnel : je veux consacrer mon temps de présence à l’école à soutenir les besoins de mes élèves, tout en considérant l’importance d’avoir une bonne communication avec les parents en les tenant informés, copier-coller l’information à l’enseignante de l’enfant que je n’ai pas eu le temps de croiser en fin de journée et rédiger une entrée informatique de la situation pour références futures.

La dernière information est la définition de tâches associées à mon poste, qui est en général toujours semblable à la suivante :

Responsable de l’encadrement durant les temps non structurés, accompagnement des élèves EHDAA (élèves ayant des difficultés), accompagnement des élèves à troubles de comportement intégrés, soutien dans les classes spécialisées, connaissance et application du programme de soutien au comportement positif et animation des programmes d’habiletés sociales et d’estime de soi.

On pourrait ajouter : et toutes autres tâches connexes!!! Mais jamais une direction n’a eu l’humour de le faire !

Avez-vous réussi à découvrir lequel des mandats était le plus difficile à réaliser? Animer des ateliers. Pourtant, j’ai plein de contenu, de beaux programmes pour tous les âges. Mon défi, c’est de les animer sans être dérangée par un message d’urgence dans l’appareil de communication interne qui est inséré dans mon oreille en tout temps même lors d’un appel aux parents!

Quel est le contenu de ces ateliers tirés de programmes d’habiletés sociales? C’est l’apprentissage à vivre en micro-société pour des jeunes adultes en devenir.

  • Leur apprendre à respecter la bulle des autres élèves ;
  • Leur apprendre à entrer positivement en relation avec les pairs pour se faire des amis et les garder ;
  • Enseigner la résolution pacifique de conflits ;
  • Finalement, c’est également apprendre aux enfants à accepter la différence, à les conscientiser aux gestes irrespectueux ou aux comportements répétitifs qui mènent à l’intimidation.

Ces apprentissages sont nécessaires dès le plus jeune âge.

Je suis néanmoins une éducatrice spécialisée passionnée par mon travail, malgré tous les défis. Comme si ce n’était pas assez, je prends deux stagiaires annuellement pour contribuer à la croissance de la relève !

Je crois au potentiel de ces petits trésors que j’aime tant. Je sème chez certains une petite graine qui grandira avec le temps et chez d’autres, une petite étoile dans les yeux. Ce sera ma contribution durant mon voyage sur cette Terre ! J’obtiens des avantages : de nombreux congés durant le temps des fêtes, la relâche et l’été pour me recharger. Mais rien ne peut m’attendrir autant que recevoir le dessin d’un enfant sur lequel on me retrouve, lui donnant la main !

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Révision : Karine Perreault

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