Ma dépression et moi : vers le tunnel de la guérison (1ère partie)

Si je n’étais pas dépressive et qu’on me proposait un article sur la dépression, probablement que j’aurais passé mon chemin. Alors en toute simplicité, si mon article pouvait seulement toucher une personne, une seule personne qui puisse se reconnaître et s’accrocher vers le tunnel de la guérison, j’aurais accompli une bonne action. Pour croire que le fait de s’unir puisse nous aider à se rebâtir.

Mon histoire

Mon histoire n’est probablement pas tellement différente de celle de d’autres avant moi.

C’est l’hiver, je reviens d’un voyage au Mexique à l’occasion des fêtes de fin d’année, alors tout devrait bien aller. Pourtant, je recommence à peine à travailler que mon corps ne suit plus. Mais je me dis que c’est toujours difficile de recommencer le boulot suite à un congé et que ça va passer.

Tous les matins, j’étire jusqu’à la dernière seconde pour me lever en vitesse et me rendre au travail. J’éprouve régulièrement des maux de dos lorsque je sors du lit; mon corps me parle. Je rêve que je travaille toute la nuit et ça m’épuise. Je m’assoupis dès le retour à la maison, vidée, et dors deux à trois heures. Puis, je fais un bilan de ma journée; je m’assure que tout ce qu’il y avait d’important à faire au travail a été fait. Je n’ai plus envie de cuisiner. Je me fais un bol de céréales ou des tranches de pain au beurre d’arachides et bananes pour souper. Je m’installe sur le sofa. Mon corps et mes pensées sont sur le mode pilote automatique. Vous savez, ce sentiment lorsqu’on conduit et que tout à coup, on se demande vers quel endroit on se dirigeait ? Voilà.

dépression
Crédit photo : Pixabay

Un rendez-vous

Je me rends pour une visite de suivi chez mon médecin. Dès les premiers mots, alors qu’elle me demande simplement, comme à chaque visite : « Comment ça va ? », sans même avoir le temps de comprendre ce qui arrive, j’éclate en sanglots. Et là, c’est presqu’un tsunami. J’essuie mes yeux, je n’arrête pas de me confondre en excuses, je ne comprends pas trop ce qui m’arrive. Mon médecin, en tant que professionnelle, elle, le sait. Et c’est ainsi qu’elle me dit avec compassion : «Vous êtes en dépression majeure». Mais ça, je le sais, puisque ça fait déjà un an que je prends des antidépresseurs!

Une tonne de briques

Et c’est là que j’apprends qu’elle me met en arrêt de travail et qu’elle changera ma médication. La suite est plutôt floue. Je me souviens que mon hamster part dans toutes les directions. « Je ne peux pas! Je travaille demain… On n’arrive pas à trouver de suppléants. J’aime mon travail, j’aime mon équipe, j’aime mes élèves. Je ne peux pas leur faire cela! »

Et c’est à ce moment qu’elle m’arrête et me répond : « C’est exactement pour cette raison que je dois vous arrêter, ils ont besoin que vous preniez soin de vous, pour pouvoir prendre soin d’eux. » Ces mots résonnent dans ma tête. Elle sait exactement quoi me dire. Pour moi, ce n’était pas de savoir que j’étais en dépression qui était le plus difficile mais plutôt que je n’avais pas su me préserver avant d’en arriver à un épuisement.

Les impacts au quotidien

Lorsque je ne me sens pas bien, ça ne paraît pas nécessairement. De l’extérieur, tout semble aller. Comme je le disais précédemment, je suis sur le mode pilote automatique. Toutefois, quelques détails peuvent parfois me trahir. Souvent, ce sera de dire oui trop vite à des invitations, pour annuler par la suite. Ou encore m’isoler en demeurant plus souvent à la maison alors que j’ai l’habitude d’avoir une vie bien active et remplie d’activités et de réunions familiales et amicales. Je réalise alors que je regarde des séries pour fuir ma réalité, pour décrocher. Malheureusement, le fait de m’isoler ainsi, n’aide évidemment pas ma cause. D’autres fois encore, je pars avec les meilleures intentions du monde pour faire le grand ménage de la maison pour arrêter après dix minutes. J’ai des intentions plus grandes que mon niveau d’énergie.

C’est difficile de devoir vivre avec le regard des autres et leur incompréhension. Lorsqu’on a le cancer, personne ne vous demande de vous dépêcher à guérir pour aider à faire le ménage! Avec la dépression, c’est difficile pour les proches. Mon fils qui entre dans l’adolescence me demande pourquoi je ne vais pas au travail malgré les explications fournies. Il s’attend à ce que cela ne dure que quelques jours. Mon conjoint désire réaliser ses projets de changement d’emploi et investir pour la retraite. Mais parfois, juste en parler m’épuise le cerveau. Parfois, à avoir une argumentation sur un sujet anodin, je ressens une grande fatigue physique et je pourrais dormir durant quelques heures, me sentant vidée.  

Sur le chemin de la guérison

Selon les conseils de mon médecin, je dois profiter de mon congé pour me ressourcer : activer le changement, suivre une psychothérapie, faire de l’exercice trois fois par semaine. Je vous invite à me suivre dans la quête de ma guérison, si ça vous intéresse. Je ferai quelques petits suivis sur les conseils qui me sont offerts et mes démarches. Je vais commencer à aller mieux, un jour à la fois.

Si vous vivez ou avez vécu un état de dépression et désirez partager vos stratégies, n’hésitez pas car n’oubliez pas, qu’au bout du tunnel, il y a toujours une lumière!

Pour en savoir un peu plus sur la dépression, cliquez ici et surtout, si vous vous sentez concernés, n’hésitez pas aller chercher l’aide d’un professionnel de la santé.

Révision : Caroline Robert

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