À la conquête de l’anglais

C’est fébrile et impatiente que je m’installe à mon pupitre pour mon premier cours universitaire, PHI1002, Histoire du concept de philosophie . Papier, crayon, ouf! Ce ne sera pas facile. Voilà! Le professeur fait son introduction, présente son recueil de textes à l’étude et mentionne la présence de textes obligatoires en anglais. Selon lui, il est indispensable d’être bilingue lorsque l’on entreprend un baccalauréat et ce, peu importe le domaine. Bon, je ne parle pas l’anglais, je ne le comprends pas non plus, encore moins si c’est une analyse philosophique.

Je ne veux pas lancer un débat ici, sur la légitimité d’une telle requête, dans une université francophone du Québec. Je n’ai pas non plus souvenir d’avoir entendu ce commentaire d’aucun autre professeur durant toute la durée de mes études. Notez, que j’ai tout de même réussi ce premier cours en travaillant le plus possible à partir des textes en français. J’utilise tout simplement cette anecdote pour mettre la table à la superbe aventure que fût mon apprentissage de l’anglais.

Une pause pour apprendre l’anglais

Donc, c’est aussi un peu par remise en question de mon avenir professionnel que j’ai pensé m’investir à temps plein dans une démarche vers le bilinguisme. Comment apprendre l’anglais, prendre une année sabbatique et fouler le vieux continent qui est mon rêve d’enfance? Devenir fille au pair pour une famille anglaise, par le biais d’une agence de placement! Voilà mon super plan!

Crédit photo Pixabay
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C’est ainsi qu’un jour de semaine en plein mois de juillet, je m’envole vers la grisaille de Londres. C’est sous un soleil radieux, assise à côté d’une enseignante anglaise absorbée par la lecture du dernier Harry Potter, que j’ai quitté Montréal. Ce vol d’Air Canada se passe très bien, les agents de bord parlent français, tout semble sous contrôle, rien ne laisse présager du choc à venir.

L’anglais à Londres

À la tombée de la nuit, l’avion perd tout doucement de l’altitude afin de préparer son atterrissage à l’aéroport de Heathrow. Le ciel s’obscurcit de plus en plus, d’épais nuages se forment sous notre avion au moment de notre entrée dans la ville. Voilà, nous sommes à Londres, Royaume-Uni. Il fait noir, il pleut. C’est sombre et humide. Je suis seule et je ne comprends absolument pas les gens. Mais qu’est-ce qui m’a pris?

Avec soulagement, je trouve rapidement le père de famille qui m’attend, pancarte à la main, faite avec bonheur par ses trois fils. Mon nom, le seul élément français ce soir-là, est bien lisible à travers les traits de crayons de cire multicolores. Une heure plus tard, je suis en route vers ma future demeure en banlieue de Londres à Epsom, dans le Surrey. J’y serai pour une période de cinq mois. Ma deuxième maison, mon second emploi, sera à Shepherd Bush tout près de Nothing Hill, pour les cinq mois suivants, mais je l’ignore encore à ce moment-là. Bien installée à gauche du conducteur, je regarde défiler le nouveau paysage qui sera mien pour la prochaine année.

Apprendre l’anglais avec des enfants

Après avoir fait semblant de comprendre ce que mes hôtes m’expliquaient, je me suis mise à la recherche de stratégies pour répondre à leurs attentes. Avec beaucoup de supports visuels, j’ai compris ce qu’on attendait de moi. Accomplir quelques tâches ménagères, faire quelques repas simples et surtout, m’occuper des garçons avant et après l’école. À ma grande surprise, ce sont eux, les adorables James, Jonathan et Jason, qui m’ont le plus appris à manipuler la langue de Shakespeare.

Crédit photo Pixabay
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Honnêtement, les enfants sont d’excellents professeurs de langue, ils sont au même niveau que moi! Ils s’expriment par de petites phrases courtes, ils ont des stratégies pour obtenir ce dont ils ont besoin rapidement, ils réussissent à exprimer leurs émotions sans trop de vocabulaire. Leurs choix télévisuels sont eux aussi à mon niveau et je peux revoir les classiques de Disney que je connais par cœur en version française. Même qu’ils me reprennent lorsque je ne prononce pas correctement un mot que je croyais bien connaître. Vous savez, l’accent britannique…

Votre jeune adulte veut apprendre l’anglais?

L’apprentissage de l’anglais est au programme pour un de vos grands enfants? Bien entendu, il n’est pas nécessaire de s’expatrier dans un autre pays pendant un an. La télévision, les applications comme Duolingo, les cours de conversations et autres peuvent s’avérer amplement suffisants. Si toutefois votre jeune veut tenter l’expérience de l’immersion via un travail familial, je vous conseille de le faire par l’intermédiaire d’une agence reconnue internationalement.

Ces agences de placement seront en mesure de trouver un employeur dans la ville désirée, que ce soit de l’autre côté de l’atlantique, tout à côté en Ontario ou encore aux États-Unis. L’agence choisie sera présente en cas de pépins et pourra trouver un nouvel emploi au besoin. Elle s’assurera aussi qu’une personne responsable soit présente lors de l’arrivée en sol étranger. L’agence déterminera aussi les conditions de travail, le salaire et le nombre d’heures quotidiennes de travail requis.

Je suis rentrée au pays presque un an plus tard sur un autre vol d’Air Canada. J’étais un peu plus mature et un peu plus habile avec ma seconde langue. À noter que j’ai dû prendre le temps de m’adapter à l’accent et aux expressions canadiennes, qui ne sont pas tout à fait les mêmes que celles du Royaume-Uni. Est-ce que cette année-là a été utile et salutaire pour moi? Absolument. Non seulement j’utilise l’anglais tous les jours à mon travail et à la maison, mais j’ai rencontré des personnes extraordinaires lors de cette année d’exil.

L’apprentissage des langues demeure un des meilleurs moyens de découvrir le monde, de se confronter à l’autre. Et je n’en resterai pas là, mon prochain défi: l’espagnol!

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Révision par Caroline Robert.

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Je suis Anne-Marie Paquet, épouse, maman et belle-maman. Lorsque j'ai rencontré l'homme de ma vie à la fin de l'année 2006, il avait déjà une grande fille de 5 ans en garde partagée. À cette époque, ces deux-là ne se doutaient pas du tout que trois autres petites personnes viendraient se joindre à notre trio initial. Je suis détentrice d'un baccalauréat en philosophie de l'UQAM, lectrice passionnée qui adore revisiter les classiques et fière conservatrice. Entre deux paragraphes, je suis vice-présidente du développement des affaires dans une boite informatique, un métier que j'adore. Collaboratrice régulière depuis novembre 2019.

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