Un accident qui bouleverse

Avez-vous déjà vécu une expérience troublante qui vous a poussé à revoir votre vie, vos rêves et vos choix? Il y a 5 ans, subitement, ma vie s’est fragilisée. Une simple fraction de seconde qui pouvait tout faire basculer. J’ai eu la peur de ma vie sur l’autoroute lorsqu’un accident a failli me tuer. Miraculeusement, je suis sortie de là complètement indemne physiquement. Toutefois, dans ma tête, il s’est entamé un long processus qui n’a pas été facile. Cet accident m’a confronté face à mes choix de vie et sur ce que je souhaitais pour mon avenir. Mon âme a reçu une secousse qui faisait mal. J’attendais quoi de la vie?

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Panique à bord

Le 9 janvier 2015, je prenais la route vers le travail comme chaque matin. Il y avait une jolie tempête de neige. Bien que je sache adapter ma conduite, je suis quelqu’un qui n’a pas peur de la route enneigée et qui se croit bien capable de prendre la route malgré tout. Dès le début du trajet, je trouvais la route tranquille, très tranquille. Je me disais que les gens avaient eu peur de la neige et qu’ils avaient préféré rester à la maison, chose que je comprenais. La route était très enneigée.

Je me demandais si la charrue allait finir par passer, on ne voyait ni l’asphalte et encore moins les lignes de démarcation.  Je roulais à basse vitesse et je restais dans ma voie. Après 15 minutes de route, je devais prendre la petite courbe habituelle, celle que je prends chaque matin. Et c’est là que tout a basculé. La glace, celle qui ne pardonne pas. Elle était noire, cachée sous la neige, invisible, mais particulièrement mortelle. Rapidement, ma voiture a zigzagué de gauche à droite. J’ai lâché les freins et agrippé le volant avec force et là, ma voiture s’est retrouvée face à la circulation, face aux voitures qui tentaient de m’éviter. J’ai eu si peur, j’ai serré les dents, j’ai mis mon pied à fond sur l’accélérateur et j’ai viré la voiture dans le bon sens pour me garer sur l’accotement.

Mon cœur battait si fort que j’avais l’impression qu’il allait sortir de ma poitrine. À peine quelques secondes plus tard, la charrue passait à côté de moi. Si j’avais eu mon accident plus tôt, c’est la charrue qui m’aurait ramassée. Et si j’avais été en arrière de la charrue, des voitures se seraient jointes à mon accident. Est-ce que la charrue m’a sauvé la vie? Dans ma tête, la réponse est oui, bien évidemment.

Une douloureuse remise en question

Quand un accident nous frappe, on devient rempli de questionnement. Si les enfants avaient été à bord, si la charrue n’avait pas retenu les autres véhicules, et si… Je n’ai même pas pleuré sur le coup. Je suis allée au boulot sur l’adrénaline. J’ai fait ma journée et je suis rentrée à la maison comme d’habitude. Au moment de l’heure du dodo j’ai regardé les nouvelles, et vlan! Une femme, du même âge que moi, avait perdu le contrôle de sa voiture de la même façon et avait percuté un autre véhicule. Pour cette mère de 3 enfants, le destin fut tragique, car elle décéda. C’est à ce moment que j’ai pleuré. J’étais incapable de m’arrêter. Cette femme s’était retrouvée dans ma situation, mais moi on m’avait épargné. J’ai pris conscience que la vie me donnait un avertissement. Et si je devais revoir mes projets, mes choix de vie.

Je n’ai pas eu cette prise de conscience rapidement. Dans les années qui ont suivi, j’ai voulu travailler sur moi. J’ai ressenti une urgence de vivre et surtout de faire des choses qui me plaisaient. J’ai mal canalisé mes énergies et ,dans la première année de cet accident, j’ai plutôt sombré dans le pessimisme. Ce fut suivi d’une dépression vers la fin 2016. Je savais que la vie me parlait, mais j’étais incapable de la comprendre. Ma thérapie m’a permis de faire du ménage dans ma tête et de mieux voir ce qui s’ouvrait à moi.

La leçon qui change tout

Au travers de cet accident, j’ai appris qu’il ne faut pas attendre que la vie nous percute pour faire les choses qui nous font du bien. Attendre après le temps ne sert qu’à perdre son temps. Chaque épreuve est une leçon de vie et dans les leçons de vie se cachent les trésors. Je repense souvent à cette journée. Il y a 3 ans, j’ai découvert que la dame décédée, dans un accident similaire, était une amie du secondaire. C’est dur de savoir que je connaissais cette personne, mais je suis là, aujourd’hui, avec mes enfants, mon conjoint et ma famille. Je dois maintenant avancer, car mon avenir est entre mes mains.

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Révision: Annie Fournier

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Je m’appelle Paule Delinelle, j’habite Pointe-Calumet dans les Laurentides. Je suis la maman de 2 fillettes: Juliette 8 ans et Alice 7 ans. L’une d’elle a un TDA (récent diagnostic). Mais je suis également une personne très ouverte d’esprit, capable de faire la part des choses, d’accepter les critiques et de faire preuve de bons jugements. J’adore l’entraide, le soutien et je suis toujours disponible pour aider. J’ai de l’intérêt pour la gastronomie, la télévision, les sorties, les animaux, la famille et la musique. Collaboratrice régulière depuis octobre 2017.

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