Ma garderie

Après plus de huit ans de fréquentation quotidienne pour un ou deux de mes enfants, c’est la dernière année de garderie pour nous. En effet, mon bébé est inscrit à la maternelle! Nous vivons donc nos dernières semaines d’aller-retour en voiture vers son environnement habituel. Pour la première fois en huit ans, tous mes enfants quitteront pour l’école en autobus scolaire. Ces détours vers la garderie feront partie du passé.

Jusqu’aux 4 ans de mon aîné, mes deux fils ont fréquenté un service de garde en milieu familial. Pour être honnête, j’ai adoré Mimi et le local situé sur le côté de sa maison, avec une porte donnant sur sa cour arrière. Les enfants avaient le meilleur des deux mondes: la chaleur d’une maison et un environnement spécialement aménagé pour eux. Je savais que mes fils passaient de superbes journées là-bas. Ils s’amusaient à l’intérieur dans la salle de jeux ou à l’extérieur dans la cour, avec leurs amis de tous les âges.

Crédit photo Freepik
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La garderie en installation

Juste avant la dernière année de garderie de mon aîné, qui est né en novembre, j’ai eu un appel d’une garderie en installation. J’étais sur la liste depuis quelques années déjà et, à ma grande surprise, deux places allaient se libérer en septembre. Ainsi, j’avais l’opportunité d’offrir, à mon grand, l’expérience d’une prématernelle. Et du même coup, d’intégrer mon fils de 2 ans dans un groupe d’amis qui sont exactement aux mêmes étapes de développement que lui.

Au début, je ne savais pas vraiment quoi penser d’une structure aussi imposante dans le quotidien de mes enfants d’âge préscolaire. Un environnement pour 80 enfants! Et il y a combien d’employés pour prendre soin de tout le monde? À la cuisine? À l’administration? Mes enfants ne seraient que des numéros dans cette foule! Les éducatrices n’auraient pas le temps de les connaître, ce serait froid et impersonnel. C’était à l’opposé du milieu familial, avec sa dynamique multi-âge et son expérience très personnelle…

L’univers d’une garderie

C’est curieuse et pas entièrement convaincue, que j’ai poussé la porte magnétisée de l’entrée de la garderie. Les locaux étaient propres et colorés, tout était bien aménagé pour les enfants. J’ai remarqué une grande cour clôturée avec des modules, des voiturettes, des carrés de sable et des jeux d’eau à l’extérieur. À ce moment, j’étais encore indécise. Est-ce que j’allais laisser mes enfants dans leur milieu actuel, ou offrir un environnement plus académique à mon ainé? J’ai alors pris le temps de peser les avantages et les inconvénients des deux côtés. Une des comparaisons portait sur l’horaire moins flexible et les fermetures spontanées, ou un milieu plus organisé qui possède une équipe de roulement.

Finalement, j’ai osé le changement. J’ai inscrit mes deux fils à la garderie, tout en espérant une place pour ma fille à naître. Rapidement, j’ai été saisie par la chaleur et l’esprit familial qui y régnaient. Non, mes enfants ne sont pas des numéros. En fait, nous nous promenons dans la garderie comme si nous sommes chez-nous. Chaque enfant possède sa petite case pour ses effets personnels. Tout le monde nous salue, tout le monde connaît le prénom et le «petit» caractère de chacun de mes enfants.

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Une famille dans la garderie

Je suis rapidement tombée sous le charme de toutes ces femmes authentiques et extraordinaires qui créent un univers magique pour les enfants. Toutes mes craintes de départ se sont évanouies dès les premières semaines de fréquentation. Mon bébé à la pouponnière dans le groupe «Les Tortues», au groupe de finissants pour mon aîné, «Les Pingouins», en passant par mon 2 ans dans «Les Chenilles», ici, chaque groupe d’âge est un prétexte pour une nouvelle aventure.

Durant ces six années à cette garderie, j’ai eu l’opportunité de mieux connaître et de créer des liens avec ces femmes, ces éducatrices. Chacune d’elle est différente et unique, mais elles partagent toute la même passion: les enfants. J’ai vu ces femmes s’épanouir, grandir, rêver, devenir elles-mêmes maman. Je les ai vu se séparer, retomber en amour, je les ai aussi vu en deuil de leurs proches… J’ai dit au revoir à certaines qui ont choisi de quitter leur emploi. Et à d’autres qui n’ont pas pu obtenir un poste permanent, faute d’ouvertures. Et j’ai, plus que tout, été témoin du respect et de l’amour qu’elles se portent l’une à l’autre.

Du fond du cœur, je vous remercie les filles d’avoir coloré l’enfance de mes petits avec votre patience, votre créativité et votre dévouement. Vous avez réussi à vous façonner une authentique communauté et ce, indépendamment de toutes les préoccupations administratives. C’est avec mélancolie que je vous dis au revoir. Continuez d’être vous-mêmes, d’être exceptionnelles! Continuez d’entretenir votre amitié, votre noyau, pour le bonheur des enfants et des parents qui vous lèguent ce qu’ils ont de plus précieux. Encore une fois, pour la millième et dernière fois, merci.

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Révision par Caroline Robert

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Je suis Anne-Marie Paquet, épouse, maman et belle-maman. Lorsque j'ai rencontré l'homme de ma vie à la fin de l'année 2006, il avait déjà une grande fille de 5 ans en garde partagée. À cette époque, ces deux-là ne se doutaient pas du tout que trois autres petites personnes viendraient se joindre à notre trio initial. Je suis détentrice d'un baccalauréat en philosophie de l'UQAM, lectrice passionnée qui adore revisiter les classiques et fière conservatrice. Entre deux paragraphes, je suis vice-présidente du développement des affaires dans une boite informatique, un métier que j'adore. Collaboratrice régulière depuis novembre 2019.

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