Ma famille au temps de la Covid-19

Il y a quelques semaines, notre univers entier a été bouleversé, la menace de la Covid-19 a fait son entrée par la porte principale. Nous, Québécois d’aujourd’hui, sommes fans de réseaux de nouvelles de toutes sortes. Nous aimons demeurer à l’affût des événements internationaux, des catastrophes qui surviennent dans d’autres pays. Guerres, attaques, tremblements de terre, tsunamis et tornades. Nous regardons avec attention ces catastrophes en direct, nous sommes solidaires, et révoltés par la douleur des autres.

Malgré tout, nous nous sentons en sécurité, et loins du risque. Notre coin de pays demeure à l’abri de ces événements dramatiques dans la grande majorité des cas. Ce sentiment de sécurité fait désormais partie du passé. Aujourd’hui, la crise mondiale de la Covid-19 a traversé nos frontières, nous ne nous en sortirons pas indemnes. Nous devons nous aussi ajuster notre existence à cette nouvelle réalité, à ce microscopique ennemi que nous n’avons pas encore assujetti.

Covid-19 Étape 1: Motivation et organisation

D’abord, je suis déjà installée en télétravail depuis plusieurs années (sauf une pause de 18 mois). Il est pour moi tout naturel d’ouvrir mon poste de travail le matin, et de travailler de la maison avec mon conjoint. Les enfants restent avec nous durant les journées pédagogiques, et même durant leurs vacances d’été. Le changement n’est pas si abrupt, nous avons déjà vécu plusieurs journées comme celles-ci.

Ma stratégie de survie est de demeurer hyper-organisée comme avant, en ajoutant des périodes d’école à la maison en plus. Je suis capable! On se lève pratiquement à la même heure, je fais une heure d’exercices académiques trouvés la veille sur internet. Je retourne à mon bureau, j’installe les garçons devant des documentaires. En soirée, je fais la routine pour les enfants, et pour moi : une heure de lecture d’un classique, entrainement physique, et une demi-heure d’écriture avant de dormir.

Covid-19 Étape 2: Tristesse et colère

Mardi, 24 mars, 13h : Fermeture obligatoire des entreprises jugées non-essentielles. Je me retrouve sans emploi, avec beaucoup plus de temps pour réfléchir. Je deviens de plus en plus inquiète pour mes proches, et pour les conséquences de cette crise. Bien que la menace du virus est réelle et inquiétante, les répercussions d’une économie paralysée de cette façon le sont aussi. Je ne peux plus me laisser absorber par mon travail et par mes objectifs professionnels, le tourbillon m’emporte désormais avec lui.

Je continue de m’occuper de mes enfants, qui sont extraordinaires dans les circonstances. Nous sommes ensemble, nous sommes extrêmement chanceux de pouvoir compter les uns sur les autres. Aussi, nous évoluons dans un environnement convenable où chacun possède son espace personnel. Mon nouveau rôle est désormais d’offrir à ma famille de belles journées, une à la fois.

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crédit photo Pixabay

C’est un matin, alors qu’il était en train de s’habiller pour aller dans la cour arrière, que mon 7 ans me demande avec gaieté si la fête de Pâques arrive bientôt. En regardant ses yeux rieurs couleur azur, je craque, mes larmes figées grâce à ma routine militaire m’envahissent de leur goût amer. Mon fils l’ignore encore mais nous sommes confinés, nous ne célébrerons pas cette fête traditionnelle avec les grands-parents. Il nous est désormais impossible de planifier un événement, une réunion ou un projet quel qu’il soit.

Covid-19 Étape 3: Résilience et désorganisation

Je ne peux pas affirmer qu’aujourd’hui toutes les étapes de mon deuil soient complétées. J’ai encore des moments où l’émotion m’envahit, moments au cours desquels je trouve presque intolérable ne pas avoir de date butoir, de date limite. Comment savoir si nous seront confinées pour 6 semaines, 3 mois, 6 mois ou 1 an? Quand pourrons-nous repartir la machine et recommencer à planifier des projets d’avenir, petits et grands? Bibliothèque? Visite chez les grands-parents? Camping? Voyage? Rentrée scolaire?

Nous passons de belles journées en famille, et mon souci habituel du détail a été remplacé par une errance et un lâcher prise exagéré. Je fais un peu l’école à la maison, un peu de ménage, beaucoup moins de lecture, beaucoup plus de dessin avec ma fille. Ces journées hors du temps sont rafraîchissantes mais complètement détachées du moteur qui me porte habituellement.

Je sais qu’il y a eu pire à d’autres époques, que suis choyée, et que je m’en sors bien. Malgré tout, je ressens une grande tristesse et l’impression que nous sommes plongés dans un énorme gâchis. Je profite de chaque instant avec mes enfants, tout en rêvant d’avancer le temps, de me réveiller lorsque tout sera terminé. Mon combat quotidien est d’accepter notre nouvelle réalité, tout en gardant vivant l’espoir qu’elle soit momentanée.

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Révision : Mélanie Trudeau

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Je suis Anne-Marie Paquet, épouse, maman et belle-maman. Lorsque j'ai rencontré l'homme de ma vie à la fin de l'année 2006, il avait déjà une grande fille de 5 ans en garde partagée. À cette époque, ces deux-là ne se doutaient pas du tout que trois autres petites personnes viendraient se joindre à notre trio initial. Je suis détentrice d'un baccalauréat en philosophie de l'UQAM, lectrice passionnée qui adore revisiter les classiques et fière conservatrice. Entre deux paragraphes, je suis vice-présidente du développement des affaires dans une boite informatique, un métier que j'adore. Collaboratrice régulière depuis novembre 2019.

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