La manie de comparer

Il y a de cela une trentaine d’années, sans le savoir et sans nécessairement le vouloir, j’ai développé la manie de tout comparer. Ainsi, depuis que je suis haute comme trois pommes, je compare mes actions à celles des autres pour être certaine de bien faire les choses! Avec du recul, je sais que cette manie de comparer n’est pas dans le but de juger les autres, au contraire, elle est plus à mon égard, présente pour me rassurer ou m’inspirer! Inconsciemment, mon cerveau est programmé pour comparer. D’emblée, on veut s’assurer que nous sommes sur le droit chemin, que nos choix sont justes ou encore, que notre instinct est bon! Qu’en est-il de cette manie de comparer avec l’éducation de nos enfants?

Comparer nos enfants entre eux

Crédit photo: Laurie Laplante

Dès que je suis devenue mère, j’ai comparé mes enfants entre eux, sans nécessairement le vouloir. Depuis qu’ils sont petits, bien qu’ils soient jumeaux, je passe mon temps à me questionner sur différents aspects de leur développement. Fréquemment, je compare leurs comportements, leur taille, leur poids, leur développement physique ou langagier. Évidemment, ils ont le même âge, ils évoluent dans le même contexte familial, avec les mêmes contraintes, mais il reste qu’ils sont différents! Cette différence est d’ailleurs franchement rassurante et belle à voir! En discutant avec mes collègues, j’ai pris du recul face à cette manie et j’en conclus qu’on se compare pour se rassurer et pour trouver des solutions! Bref, on veut toujours le meilleur pour nos enfants!

Le côté tranchant 

D’un autre point de vue, quand on se compare, on part souvent d’une bonne intention. Par contre, il est possible de se sentir inférieur. À l’ère des réseaux sociaux, on pourra toujours trouver quelqu’un à envier. Il y a toujours des gens plus en forme, qui ont un plus beau corps, qui ont une plus belle maison, qui ont des enfants plus sages… Il est aussi possible de jalouser des couples qui semblent plus amoureux, des familles qui semblent plus zen ou des amis qui semblent plus proches malgré le temps ou la distance! Sans le savoir, il est fort probable qu’on augmente notre niveau d’insatisfaction, et c’est là qu’on constate le côté sombre de la comparaison!

L’éducation

Maintenant, suite à cette prise de conscience, j’en suis à me questionner sur la manière dont j’éduque mes enfants. Comment mon regard sur eux a-t-il un impact sur leur développement? Au-delà du tempérament de mes deux enfants, parfois la comparaison entre eux n’est pas significative. Mais, dans d’autres cas, la culpabilité s’installe. Accorde-t-on plus de temps à l’un qu’à l’autre? En leur répétant souvent les mêmes choses, finissent-ils par être conditionnés à nos commentaires? En ce sens, quand j’observe qu’un de mes enfants est plus paresseux que l’autre, que l’un est plus poli que l’autre, que l’un est plus perfectionniste que l’autre, etc., mon rôle en tant que maman doit-il être ajusté? Dois-je les sensibiliser à cette sensation d’avoir l’impression de ne jamais en faire assez?

Piste de réflexions 

Finalement, à bien y penser, est-ce que je suis exigeante envers moi-même?  M’arrive-t-il de prendre tous les torts sur mes épaules? Ai-je de la misère à accepter les compliments ou les conseils? Aussi, est-ce que j’ai de la misère à dire non pour ne pas me sentir coupable? Plus j’y pense, plus j’ai l’impression que je peux y réfléchir encore quelques années… Et vous? Mais assurément, concernant l’éducation de mes enfants, je tente de choisir méticuleusement avec qui je me compare et surtout, avec quels critères! Soyons indulgents et soyons doux envers nous-même!

Révision: Élaine Sylvestre

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